Parlons de l’Hyperémèse Gravidique.

Je vous l’avais promis cet article, alors le voici. J’aimerai vous parler d’un sujet un peu sensible pour moi. Je vais vous parler de cette horrible maladie de grossesse qui m’a tenu à l’écart de tout et de tout le monde, me clouant au lit, détruisant vie sociale et dignité sur son passage. Et ce, pour mes 2 enfants. Je vais vous parler de l’hyperémèse gravidique.

L’Hyperémèse gravidique, qu’est ce que c’est ?

L’Hyperémèse gravidique, ou les vomissements incoercibles de la grossesse, est une maladie de la grossesse, au même titre que le diabète gestationnel par exemple. Cette maladie survient en général en début de grossesse, le plus souvent vers 5 ou 6 semaines. Elle nous accompagne pour une durée variable, certaines d’entres nous ne seront malades que quelques semaines, mais pour d’autres, cela durera jusqu’à la table d’accouchement. Mais elle cesse alors juste après l’accouchement. Pour mon fils, j’en ai été victime durant 4 mois, pour ma fille, c’était jusqu’au bloc opératoire ( césarienne), si bien qu’il a fallu m’injecter de fortes doses d’anti vomitifs.

La maladie se caractérise par plusieurs symptômes que les médecins disent ” sympathiques de la grossesse”, à savoir des nausées constantes, des vomissements irrépressibles, pouvant aller de 5 à 6 par jours jusqu’à une cinquantaine voir plus dans les formes les plus sévères. Mais également l’hyper-salivation, le dégoût des odeurs … Il devient alors impossible de boire ou de s’alimenter correctement, car tout ce qui rentre ressort presque aussitôt. Très vite, la fatigue a raison de nous et nous sommes contraintes de ne plus quitter le lit, foudroyées par la violence de la maladie. Notre vie se résume à des vomissements incessants, une faiblesse généralisée et, très rapidement, à une perte de poids. Puis s’ajoute la détresse psychologique, on devient dépendant de notre entourage, nous perdons une partie de notre autonomie, et parfois on enchaîne les hospitalisations. Pour ma part, j’ai du être hospitalisée une fois, pour être réhydratée et j’avais déjà perdu 5 kgs en quelques jours. On finit parfois par être anémiée, déshydratée, mais parfois, les conséquences peuvent être dramatiques. Plus de 15% des personnes atteintes choisissent d’interrompre leur grossesse, même si celle-ci est voulue de tout leur cœur. La souffrance physique et mentale est trop difficile à supporter, et le corps médical n’est pas toujours aussi bienveillant qu’il le devrait.

 

L’Hyperémèse gravidique, quelle prise en charge ?

Le corps médical, parlons en, justement. Car de ce côté là aussi, de gros progrès sont à faire pour une prise en charge efficace. Le plus souvent, lorsqu’une femme atteinte de cette maladie va consulter pour ce motif, elle va se confronter à … Un mur. La plupart ( heureusement pas tous et de moins en moins) de médecins ne comprennent pas les malades. Il va souvent leur être répondu que c’est dans la tête, que c’est psychologique, ou pire encore, qu’elles rejettent leur bébé et qu’elles n’en veulent pas. Ce qui, bien sûr est absurde et totalement faux ! Ainsi, on ne leur prescrit que très rarement une médication efficace. Cette médication, elle existe, mais elle st réservée souvent aux personnes qui font de la chimiothérapie, pour leur couper les nausées et vomissements. Mais beaucoup de médecins rechignent à prescrire ce médicament, pourtant inoffensif pendant la grossesse, comme l’ont démontré de récentes études.

Heureusement, il existe de très bons professionnels, qui s’intéressent à la maladie et étudient les dernières recherches à son sujet. Mais hélas, cette maladie ne touchant qu’environ 2% des grossesses, les travaux avancent lentement, il semble y avoir un réel désintérêt de la maladie de la part des médecins et des chercheurs. Ce qui laisse de nombreuses femmes en grande détresse. Ce manque d’intérêt, de soutien et même de compassion mène de nombreuses femmes droit vers la dépression et plus de 15% d’entre elles interrompent leur grossesse. Cela serait évitable, si d’emblée elles avaient la bonne médication.

Et l’entourage, dans tout ça ?

Il est évident que dans cet état, le soutien des proches est strictement indispensable. Dans cette période de grande détresse psychologique, la présence des être chers est un peu comme une béquille sur laquelle on peut s’appuyer. Pour ma part,pour mon fils, lors de ma première grossesse, je me suis souvent confronté à des réflexions toutes faites, qui font bien plus de mal que de bien, et qui n’apportent rien de bon. Les personnes ne connaissent souvent pas la maladie, et s’interrogent. Certains pensent que nous exagérons, d’autres que nous voulons juste attirer l’attention. D’autres encore mettront les pieds dans le plat en nous exposant leur grossesse parfaite, alors que nous, nous en bavons. Tout ceci est terrible à affronter. Fort heureusement mes proches, au vu de mes symptômes et de ma détresse, ont très vite comprit que je n’exagérais rien, bien au contraire. J’avais besoin d’eux, et ils l’ont bien compris. Je remercie encore tellement ma famille et mes amis, pour leur soutien et leurs petites attentions quotidiennes.

Puis, pour ma fille, tout mon entourage a été d’un soutien sans failles. Tous savaient ce que j’avais traversé pour mon fils, alors cette fois, hors de question de me laisser gérer seule. Même si je leur ai appris ma grossesse sur le tard, voir très tard, dès lors qu’ils ont été au courant, mes proches ont été présents. Ma mère ainsi que celle de mon mari ont été des amours, des rocs sur lesquelles j’ai pu compter à chaque instant. Mes amies m’ont comprise et soutenu, quant à mon cher mari Papa Goupil, il a été exemplaire. Si une médaille du mérite devait être décernée, c’est bien lui qui la mériterait. Il s’est toujours montré bienveillant, compréhensif, mais souvent désarmé et inquiet. N’hésitant pas à tout tenter pour m’aider à m’alimenter. Il allait faire des dizaines de kilomètres pour trouver un aliment qui me plaisait, même en sachant que je le vomirai. Si je le gardais même 30 minutes, c’était toujours ça de pris. Sa dévotion a été sans limites, et je le remercierai jamais assez. Grâce à eux, j’ai vaincu la maladie, et j’en suis ressortie plus forte !

Du soutien, du soutien !

Dès le début de la maladie, j’ai cherché à parler, à échanger. Je ne pouvais pas être la seule au monde à vomir comme ça, ce n’était pas possible. Très vite, j’ai rejoint une super communauté sur Facebook. Des groupes de paroles existent, et échanger avec ces mamans en détresse, comme moi, m’a fait un bien fou. On est pas seules … On est pas folles … On est juste … Malades. Je remercie ces groupes de parole d’exister, et je remercie chacun des membres, qui m’a soutenu, rassuré, fait rire. Cela m’a tellement fait de bien. A jamais une HG Warrior, fière du ruban violet ( symbole de la lutte contre l’Hyperémèse gravidique).

Je vais vous donner leurs adresses, car même si j’ai accouché, je sais que de nombreuses mamans peuvent avoir besoin de parler. Alors bien sûr les sites internet existent mais là je vous mets les liens des groupes facebook, là où la communauté est très présente. Bien sûr, il existe aussi les pages facebook générales, où de nombreuses infos sont données.

Groupe 9 Mois avec ma bassine

Groupe Association de Lutte contre l’Hyperémèse gravidique

En bref.

J’ai vraiment ressenti le besoin et l’envie de vous en parler. D’une part, car peut-être que vous connaissez quelqu’un qui en a été atteint ou vous même avez été victime de cette maladie. D’autre part, parce que peut-être que des mamans malades auraient besoin de savoir qu’elles ne sont pas seules. Puis moi, ça me libère, je vide ce sac, ce vilain sac, et maintenant que j’ai vaincu la maladie, j’ai envie d’avancer, de rattraper le temps qu’elle m’a volé. J’ai envie de profiter, de manger, de boire jusqu’à plus soif, de profiter de mes proches, d’écrire, encore et encore, bref, de revivre. Et ça a commencé dès l’accouchement.

 

 

 

15 comments

  1. SEBASTIEN AUSSIBAL says:

    Voici une maladie encore méconnue et minimisé par les soignants, qui bien souvent utilisent un terme péjoratif “les vomisseuses”. Il est vrai que la souffrance des femmes atteintes de cette maladie souffrent énormément et profondément et les conséquences peuvent être très graves et difficiles à assumer. On devrait partager en masse pour lever le voile sur cette maladie.

  2. Chrystel FLORENSON says:

    Hello, j’étais loin d’imaginer que les vomissements pouvaient atteindre ce degré-là.
    J’ai eu la grande chance lors de ma grossesse de n’avoir vomi qu’une seule fois (véridique !) après j’ai eu d’autres inconvénients mais jamais aussi importants que les tiens.
    Chapeau d’avoir supporté tout ça.

  3. Delaere laeti says:

    Coucou quel plaisir de lire cet article !
    J’ai été victime il y a 4 mois ^^ de l’hyperemese gravidique appelée aussi « maladie de Kate mideleton » grrr c’était un calvaire ! Il est super cet article j’aurai aimé le lire quand j’étais en plein dedans ! Mais c’est la totale réalité !
    Merci de nous faire partager ces expériences on se retrouve chacune dans l’une au moins ..
    😉

  4. Chrystelle Porcher says:

    Je savais que ça pouvait vraiment aller loin. Jusqu’aux hospitalisations. Quel courage car je me doute la difficulté devant cette pathologie. Merci pour ton article très bien fait qui aidera sûrement certaines dans ton cas 😘

  5. jocelyne matrat says:

    bonjour tres bel article bien expliquer belles photos je ne connaissais pas cette maladie bon courage a vous

  6. CAUBOUE Nicole says:

    Bonjour

    Je savais que parfois la grossesse était un long parcours difficile et semé d’embûches.
    Mais gignorais l’existence de cette maladie. Merci pour toutes ces informations
    J’ai moi même souffert de vomissements le matin et dans certaines circonstances mais cela n’a rien à voir avec ce que vous avez vécu.
    Bonne journée

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